|
Contact
Commander
Être Informé
Chronologie
Bio. cv.
Liens
<< Retour
-
|
Ensuite,
on a répété chez un couple franchement frappadingue.
Une prof d’italien complètement secouée et
décatie qui chantait de l’opéra (aïe
aïe) dans son salon.
Et son mari à la retraite qui sillonnait les banlieues
en scooter pour rapporter tout ce qui trainait dans les rues.
Il entreposait ces choses dans un immense garage.
Il y avait là ce que nous appelions la “marée”
: planches, vieux meubles certes ; mais aussi machines
hors d’usage, tringles, machineries rouillées en
pièces détachées, extincteurs et bouteilles
de
gaz rouillées et périmées depuis parfois
dix ans ; et surtout des cartons de
vieux légumes qui pourrissaient là, des cartons
de boîtes de lait périmées depuis plus de
5 ans,
etc etc…
Il fallait se frayer un chemin à travers la marée
qui, lorsqu’elle était haute, nous empêchait
de
passer avec nos instruments (en plus, on se demandait quand tout
ça allait nous péter à la gueule !).
On répétait au sous-sol, dans une ancienne chambre
froide, moins de 2 mètres de plafond,
sans aération (le papy nous en avait promis une, on fit
vite une croix dessus…).
Il fallait s’arrêter toutes les heures, la condensation
coulait sur les parois des murs.
On s’y mettait franchement minables.
Papy, anciennement trépanné à ce qu’on
a fini par comprendre, n’était pas si fou :
on payait quand même 1000 balles par mois, ce qui était
beaucoup.
Et en plus, ils se plaignaient … du bruit !!
On avait installé tout ce qu’on avait comme matériel
dans cet endroit insensé :
je crois qu’on a tout bousillé à cause de
l’humidité ! J’y avais mes premiers synthés,
mon premier séquenceur, ma basse Fender qu’on m’a
piquée…
J’y passais ma vie, car j’allais parfois y travailler
seul sur des maquettes pour des films.
J’y enregistrais aussi des musiques sur lesquelles j’osais…
chanter !
Les musiques étaient de plus en plus sombres, les textes
ne concernaient que Cyril,
à la poursuite d’éblouissements poétiques
et… sexuels. Quel cocktail !
Il y a eu des passages difficiles, mais on a quand même
eu le mérite de ne pas se fâcher…
|