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La déception qui avait suivi l’échec de Lifeline s’était estompée. J’y avais laissé beaucoup d’énergie,
il fallait laisser revenir l’envie. Comme souvent, elle revint avec des voyages… et des rencontres.
Grâce aux Caprices d’un Fleuve, j’avais entre autres rencontré le Sénégal.
Et un beau musicien : Pape Dieye. Ce qui me plût le plus chez lui,
c’est qu’il jouait d’une grande diversité d’instruments africains.
Des percussions bien sûr, qu’il fabriquait lui-même : djembés, kas-kas, talking drum, dum-dums.
Mais aussi d’autres instruments : sanzas, kongomas, ngonis, bolong.
Et même des instruments non africains : didgeridoo, birimbao…
Il inventait même de nombreux instruments.
Il passait un temps incroyable à bricoler ses “enfants” dans son tout petit local
de travail. J’aimais ce rapport artisanal avec ses instruments.
J’ai appris à me servir de certains d’entre eux,
avec beaucoup de plaisir. Je me sentais enfin à l’opposé
de la culture occidentale, où il faut “savoir” pour jouer.
Tu parles ! Il faut jouer pour savoir, oui !
Bilondiey (Bini + Long + Dieye), ce fut la recherche d’une musique vraiment métissée.
D’un point de rencontre souhaitable entre les cultures. Musicalement. Et humainement bien sûr.
Le rêve d’une musique mise au service d’un idéal.
Quel programme !

Les ingrédients étaient les suivants : des rythmiques sans batterie, que des percussions ;
des guitares (JP Long) folk-rock; d’autres guitares (nylon) et des instruments harmoniques africains
(sanzas, ngonis); des basses mélangées (basse électrique, basse acoustique, bolong, contrebasse); du piano et
de l’orgue; pas de synthés; pas d’orchestrations symphoniques (ce qui était nouveau pour moi !);
et des chants bien sûr : en français, en anglais et en wolof. Quand je l’ai rencontré, Pape ne chantait
jamais en lead. J’ai tout fait pour le convaincre. Il n’osait pas. Je n’ai cessé d’insister.
Il s’est avéré avoir une très belle voix. Pas très étonnant, vu sa sensibilité.

Il fallait aussi des voix (et des présences) féminines, mais on avait été un peu échaudé !
On voulait une autre règle du jeu : avoir un noyau à 3, et des électrons (dont des chanteuses)
qui viendraient ou ne viendraient pas en fonction de leurs disponibilités. Pour ne pas mettre le groupe en péril.
On trouva deux belles chanteuses : Cathy Renoir (que j’avais rencontrée pour les Caprices grâce à Pape,
c’est elle qui chante “Sama Yoon”) et Marie-Line Marolany.
Plus tard, Sylvia Laubé viendra les rejoindre.
Il y aura aussi Alain Verderosa à la basse (et contrebasse),
et Joël Grare (percussions complémentaires de celles de Pape).
Des présences particulièrement chaleureuses.