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Quelques jours après, je recevais de sa part une vingtaine de disques d’origines diverses. Sur chacun d’entre eux était placé un post-it indiquant la plage qui lui plaisait. Je me suis mis à les écouter, peu à peu. Ce qui était drôle, c’est qu’elle m’écrivait, sur le petit mot qui les accompagnait, quelque chose comme “ce ne sont que quelques pistes possibles”. En faisant ce travail, elle me disait ce qu’elle attendait de moi, de la façon la plus musicale possible. Elle savait sans que nous en ayons parlé, que j’avais besoin de pistes. Elle les a ouvertes de la meilleure façon qui soit, en cherchant à exprimer son attente avant que je ne commence à travailler. Si j’étais un peu Vieille France, j’appellerais ça du respect.
Je me suis ensuite rendu dans une buvette de l’aéroport de Roissy rencontrer Marion, en transit pour Djibouti où elle allait préparer son tournage. Ce fut immédiatement chaleureux. Le plaisir de se rencontrer était visible. Je lui ai remis à mon tour quelques disques. Nous avons convenu qu’il fallait que j’aille sur le tournage. Non pas nécessairement pour s’alimenter musicalement, mais surtout pour s’imprégner de l’aventure. Ce fut fait en février, j’ai pu me rendre sur quelques superbes décors (le lac Assal par exemple), rencontrer les comédiens et techniciens, et aussi et surtout mesurer la maîtrise et la résistance de Marion malgré les difficiles conditions de tournage. J’ai aimé son énergie inépuisable, son attention permanente pour tous, et son sang-froid face aux problèmes. En fait, et c’est très embêtant, je lui cherche encore des défauts, sans en trouver. Il faudra pour ça que nous fassions d’autres films.
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